Soubresaut, les dix mangas qui m’auront marqué

Salut ! Profitant de l’initiative de Herbv, relayée par a-yin, j’offre un sursaut inattendu à ce blog, en publiant une sélection plus ou moins chronologique de dix mangas ayant marqué mon parcours de lecteur. Deux choses à préciser avant de la dévoiler : primo, elle ne se confond pas nécessairement avec une hypothétique sélection de mes dix mangas favoris ; deuzio, elle est rédigée dans un style très télégraphique, avec nombre de phrases nominales (la grande classe quoi).

 

gunnm

1. Gunnm, Yukito Kishiro – Mon premier manga lu, à proprement parler, et d’une traite qui plus est. Celui aussi qui m’a fait commencer à acheter et à en lire des dizaines d’autres. J’avais bien survolé du Dragon Ball en kiosque ou chez des copains, mais ça avait plus trait à de la conso de produit dérivé de l’anime que je suivais assidûment (et bêtement).

 

slamdunk
2. Slam Dunk, Takehiko Inoue – Mon premier achat. C’est le manga qu’on se prêtait entre potes au lycée et dont on ne cessait de parler. Avec du recul, je réalise que, par la suite, je suis devenu un lecteur plus perso, dans son coin IRL, ce qui est bien dommage. L’un des rares mangas à m’avoir arraché quelques larmes aussi.

 

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3. Dragon Ball, Akira Toriyama – Découvert sérieusement bien après d’autres, certains inoubliables (Monster) d’autres nettement moins (Samurai Deeper Kyô). Aucune surprise ou presque devant l’histoire déjà bien connue, mais un choc à la lecture des premiers volumes (le premier surtout) : Toriyama est un excellent narrateur. La mise en place de l’histoire m’avait paru exemplaire.

 

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4. Quartier Lointain, Jirô Taniguchi – Le manga qui ne ressemblait pas tant que ça à du manga et qui avait le sticker du prix du scénario à Angoulême (argument choc pour le lecteur encore perdu que j’étais). Accessoirement, le manga où l’identification était telle que, même après avoir lu la dernière page, l’univers ou son cadre mettait encore une heure ou deux à s’évaporer.

 

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5. Terra e…, Keiko Takemiya – Première lecture importée. Jamais de VO, mais quelques éditions US ont suivi. La curiosité de découvrir ce qui était édité ailleurs (et de quelle manière). Sans doute le manga que j’ai le plus relu, tant j’aimais sa sensibilité et son efficacité. Je l’aime encore un peu, malgré des similitudes, découvertes après coup, avec un certain arc du Phénix de Tezuka.

 

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6. Lone Wolf and Cub, Goseki Kojima & Kazuo Koike – Peut-être la plus grosse claque manga de ma vie. Le dessin par un transfuge du kamishibai, la richesse de ses références et de son lexique, sa constance relative à son nombre de pages et de péripéties. J’espère trouver un jour le courage de le relire.

 

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7 – Shiori et Shimiko, Daijirô Morohoshi – L’OVNI. Celui-là, comment le voir venir ? Et combien d’à priori à désamorcer pour daigner s’y intéresser ? Une partie de la « critique » de l’époque l’a évalué au premier degré et sans trop de malice. Une discussion comme mille autres et un achat sans grande conviction m’auront offert un moment de lecture singulier et brillant. Je désespère de pouvoir lire un jour d’autres titres de l’auteur, notamment sa version fleuve du Voyage vers l’Occident, survolée en VO et qui a l’air monumentale.

 

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8. Ashita no Joe, Tetsuya Chiba & Asao Takamori – Inespéré, tant attendu et, contrairement à bien d’autres vieilleries (Cyborg 009, Kamui-den…), il ne m’aura pas déçu, loin de là. Bonus (qui compte) : je suis toujours amoureux de Yôko.

 

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9. Spirale, Junji Itô – Clairement, je n’aime pas trop les mangas d’épouvante, de violence, avec du gore et consorts. Souvent, mes diverses pioches se sont révélées peu pertinentes, gratuites voire bas du front. Celle-là, c’est sa réédition en pavé favorisant les tendinites qui m’a motivé. Et l’inventivité macabre dont l’auteur a fait preuve exerce encore sur moi une fascination nauséeuse.

 

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10. Une Vie dans les marges, Yoshihiro Tatsumi – Tatsumi, salaud ! Tu as toujours été un grand auteur de petits mangas, et voilà qu’au crépuscule de ta vie, tu nous ponds un grand titre, témoin d’une époque, synthétisée sur une courte période, via le prisme d’une autobiographie romancée. Une mine d’or digressive rondement exploitée, qu’on trouve forcément trop courte mais qu’on imagine de longue haleine. Bordel, j’étais pas prêt.

Et quelle lecture marquante depuis la publication d’Une Vie dans les Marges ? Ben, aucune. À vrai dire, je ne lis presque plus de mangas depuis deux ans (genre, un ou deux par an) et, ces cinq ou six dernières années, j’ai davantage lu des mangas pour me renseigner que pour me divertir. Au grand désarroi de l’amateur de mangas que je fus, j’ai bifurqué assez nettement vers l’animation japonaise, par paresse mais non sans intérêt. Cruel constat, même si je le vis plutôt bien. Enfin, je crois.

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13 réflexions sur “Soubresaut, les dix mangas qui m’auront marqué

  1. On peut dire que tu aimes beaucoup les dessins plutôt vintage ^^ !!!

    Je ne pensais pas que Terra e… avait été si marquant pour toi. C’est à cause de l’anime? J’ai découvert Terra e… par le biais de Jyu-Oh-Sei perso et j’ai fini aussi par acheter l’édition US que je ne regrette pas d’avoir gardée. Mon tome 3 est signé de la main de Takemiya quand elle est venue à Pompidou ^__^ !!!

    • Ma préférence pour les titres des années 1960-1970 s’est confirmée lentement et progressivement. Au début, j’aimais beaucoup les dessins de Hiroaki Samura, Hiroki Endô voire Masakazu Katsura ou Clamp, mais l’attraction des images dramatiques du gekiga ou assimilés a fini par être trop forte. J’aime bien le dessin d’auteurs plus contemporains, mais leurs mangas ne font pas partie de mes lectures marquantes (Asumiko Nakamura, Fumi Yoshinaga :), Suehiro Maruo).

      Concernant Terra e…, j’ai commencé par le manga. Très vite ont suivi le film puis la série. Je voulais découvrir l’import US, je suis tombé sur Vertical, j’ai épluché leur catalogue, le dessin et le synopsis de Terra e… m’ont aguiché. Je l’ai reçu au bout de trois semaines d’attente interminables, je l’ai dévoré et j’ai adoré. L’histoire de ma rencontre avec l’œuvre est assez banale, mais ça a ouvert la porte à quelques autres auteures remarquables. Surtout que sorti de Rumiko Takahashi, je peinais à trouver des mangas réalisés par des femmes et qui me convenaient.

      J’ai tellement ragé de ne pas être allé à Planète Manga pour Keiko Takimiya en 2012. Trouver sa conférence sur internet a été une consolation sympathique. Pour Moto Hagio, j’avais bien les boules aussi, mais un peu moins. 😉

      • Je ne sais pas quel âge tu as. Mais plus on prend de l’âge, plus il est difficile d’être marqué ou impressionné. C’est mon cas perso.

        On a chacun nos regrets du coup. J’ai vu les deux conférences (et même trois, avec Fumi Kouno!!!). Mais quand Moto Hagio est venue au Salon du Livre, je n’avais pas mon exemplaire de A Drunken Dream sur moi: donc pas pu me le faire dédicacer. Quand elle est venue à Japan Expo, je n’ai pas VOULU y aller (je reste très réfractaire à cette convention) et je n’ai pas acheté Léokun. Je n’ai jamais pu lui dire à quel point son travail m’a ébloui.

        J’ai rencontré Terra e avec Jyu-Oh-Sei et à cette époque j’étais juste très remontée contre le paysage manga français dans lequel les shôjo fantastiques/d’aventure s’arrêtaient, avec une pléthore de comédie romantique lycéenne sur les étals, réduisant le shôjo à cela… Alors je me suis ruée sur Terra e… par manque. Si j’ai adoré, j’ai eu plus de mal sur la seconde partie de l’histoire, mais je dois le relire!

      • J’ai 35 ans, mais j’ai commencé à lire des mangas assidûment assez tard, courant 2001. Je suis persuadé que les titres marquants ne manquent pas, c’est juste qu’avec le temps, il faut redoubler d’efforts pour les trouver. En parallèle, on se trouve des genres ou courants de prédilection et, fatalement, l’effort de curiosité devient plus laborieux. Disons qu’en se « spécialisant », on peut en arriver à se limiter. Je pense que c’est ce qui m’est arrivé.

        J’aime beaucoup Moto Hagio, mais j’ai l’impression que sa force, la diversité de son style et de ses histoires, est aussi une forme de faiblesse. Par exemple, j’ai fait lire son anthologie à des proches, aucun n’a aimé ou s’est même montré très intéressé. Trop inégal, m’ont-ils dit. Même They Were Eleven n’a pas réussi à les accrocher. Un titre d’une efficacité pareille et aussi abordable, tu te rends compte ? 😦

  2. a-yin, j’ai pu dire bonjour à Moto Hagio au Salon du livre (j’étais avec Junko Kawakami qui, elle, a pu dire à quelle point elle était fan de son travail) et j’ai Léokun, moi ! 🙂

    Plus sérieusement, VpViennetta, c’est étonnant de trouver quelqu’un qui apprécie à ce point les vieilleries (à part a-yin et Ialda, quoi…). Moi, j’aime pas, je trouve que ça a trop mal vieilli, tous ces trucs des années 1950-1980. Cependant, il y a quelques exceptions et Moto Hagio en fait partie. Par contre, Tera-e, ça m’est tombé des mains et j’ai trouvé le film très pénible à regarder. Je trouve le manga des années 2000-2010 incomparablement plus riche que les trois ou quatre décennies (malheureusement, c’est un peu noyé dans toutes les sorties sans intérêt). Il n’y a que Tezuka sur quelques titres, Tatsumi (tiens, tiens) et Moto Hagio qui arrivent à me démontrer que j’ai tort. Pour moi, le manga a pris une dimension supérieure avec Otomo (et pourtant, je ne suis pas fan de l’auteur) qui a permis au manga de se réinventer et de s’internationaliser.

    Sinon, Shiori et Shimiko est une série que je place parmi mes préférées (pas les plus marquantes, par contre) et j’aimerai aussi qu’on puisse découvrir d’autres œuvres de Moroboshi. Et que ce fichu tome 7 soit traduit en français, déjà… Mais il y en a plein des auteurs incroyablement géniaux et qui ont floppé chez nous. Tu as lui Iô Kuroda ?

    • Je me souviens d’un commentaire où tu exprimais ta déception après la projection du film Terra e… à Planète Manga. C’était chez Pazu sur le blog d’Animint, je crois. Et je comprends sincèrement que le manga puisse laisser indifférent. L’histoire est dans sa première partie assez classique puis un tantinet bordélique dans la seconde. Ce que j’ai aimé, c’est le développement des personnages principaux, surtout celui de Keith Anyan, rongé par le doute et en proie au dilemme : une ficelle qui m’a rappelé des classiques de théâtre, en version alambiquée.

      Sur la période 2000-2010, c’est le trou. Le nombre de sorties m’a clairement fait baisser les bras. Sélectionner des titres dans cette pléthore et ces torrents de com’ était compliqué. J’aurais pu flemmarder en me reposant sur des éclaireurs, mais je n’en ai jamais vraiment trouvé.

      De Iô Kuroda, je n’ai lu qu’un recueil, Daiô. Je n’en ai gardé aucun souvenir, faudra que je le relise.

  3. @V: que veux-tu, les personnes manquent cruellement de goût :p . Je pense aussi savoir ce qui accroche moins avec Moto Hagio que d’autres auteurs. Elle n’a jamais ce délire de « passion », c’est plus posé, ça a même un rythme « littéraire », je trouve sa narration très dense, chaque fois que je lis un volume j’ai l’impression de sortir de 3 volumes par rapport à d’autres manga. Ce n’est pas une auteure dans laquelle on entre facilement. Mais quand on l’aime c’est pour toujours. Dés que le virus Hagio nous attrape, on ne s’en défait plus du tout.

    Je vois tout à fait pour la spécialisation. C’est aussi parce que nous sommes de la même génération que dans les années 90, nous avons pu lire tant de manga. Il n’y avait pas tant d’étiquettes, ce n’était pas aussi ciblé ni calibré. Et on découvrait des choses un peu au hasard. C’était mon cas vu que sans le sou, on dépend de ses amis ou de la bibliothèque (qui a très tôt eu du Taniguchi et du Tezuka, si bien que je n’en ai aucun chez moi à part Sous notre atmosphère). Moi aussi je me « spécialise » et contrairement à toi, au lieu de me diriger vers l’animation, j’ai complètement quitté les anime pour me concentrer totalement sur les manga. Et puis j’ai depuis 10 ans une nette préférence pour les manga écrits par des femmes. Taiyou Matsumoto est le seul homme parmi mes mangaka préférés xD

    Quant à Terra e… j’ai trop envie de le relire depuis que j’ai lu Star Red de Moto Hagio. Les deux sont sortis à la même période et ont des points communs ^^ .

  4. Pingback: Le manga et moi (le bonus) – Herbv : Pour écrire sur…

  5. Oh, depuis Une Vie dans les marges, j’ai oublié un titre qui m’avait beaucoup enthousiasmé : Histoire d’un couple, de Yeon-Sik Hong. Certes, ce n’est pas un manga, mais quelle découverte à l’époque !

  6. Pingback: Le Top 10 des manga les plus marquants du Chapelier | Le Chapelier Fou

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